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Nawal El Moutawakel, Vice-Presidente do Comitê Olímpico Internacional

Por Abderrahman Ichi e Mustapha Abou Ibadalla

À dix-huit jours du Coup d’envoi des Jeux olympiques, Nawal El Moutawakel, première vice-présidente du Comité international olympique, a assuré dans cet entretien accordé au «Matin» qu’elle était persuadée que Rio de Janeiro livrera des Jeux olympiques exceptionnels, en dépit de la crise financière que traverse le Brésil. Elle a, en outre, précisé que 4.500 échantillons d'urine et 1.000 échantillons sanguins seraient prélevés pour Rio 2016 dans le cadre de la politique de lutte contre le dopage. 

Le Matin: Trente-deux ans après votre victoire à Los Angeles, vous restez toujours dans les esprits parce qu’à l’époque vous étiez la première femme arabe à vous imposer aux JO. À moins d’un mois du coup d’envoi des JO de Rio, quel souvenir gardez-vous de cette victoire historique ?

Nawal El Moutawakel : Je garde une joie profonde et une fierté immense d’avoir hissé haut le drapeau de mon pays lors des Jeux olympiques à Los Angeles en 1984 sur le 400 mètres haies. C'était la première fois qu'une femme de mon pays gagnait une médaille d'or pour le Maroc et la seule et unique femme au sein de l’équipe marocaine. J'étais très fière. La finale était comme dans un rêve. Je garde encore à l’esprit cet exploit exceptionnel et cette performance qui ont bouleversé ma vie.

Vous êtes aujourd’hui le porte-étendard pour l’entrée des femmes dans les instances internationales sportives. N’est-ce pas une mission délicate ?

C’est une mission qui m’honore et j’en suis très fière. Être encore une fois la première femme marocaine, arabe et africaine à accéder à des postes de responsabilité aussi importants, ce n’est pas chose facile. Dès ma retraite et aussitôt ma reconversion, j’ai rapidement pris conscience du pouvoir magique et de l’impact extraordinaire du sport. J’ai donc décidé de m’orienter vers le militantisme en faveur de la femme, de la jeunesse, de l’enfance… Je suis beaucoup plus sensible à tout ce qui touche la femme, parce qu’on ne peut pas faire avancer le monde sans cette autre moitié qui le compose.

Qu’est-ce qui a réellement changé dans le sport féminin marocain depuis votre victoire, il y a 32 ans ?

En générale, la situation de la femme au Maroc a connu de grandes avancées sous le règne de feu S.M. Hassan II et on assiste à une révolution sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Elle a bénéficié de plusieurs réformes institutionnelles qui lui garantissent des droits de plus en plus élargis favorisant son émancipation et sa contribution au développement du pays. Cela dit, beaucoup reste encore à faire pour une meilleure représentativité de la femme dans le domaine du sport, à l'instar des autres domaines de la société. Aujourd’hui, le défi ne peut être relevé qu’en proposant des formations et des formations continues par le département de tutelle, le Comité national olympique marocain, les Fédérations nationales, visant à autonomiser les femmes qui luttent pour obtenir davantage de responsabilités dans l'administration sportive. Cette question est actuellement traitée dans le cadre de l'Agenda olympique 2020 – feuille de route stratégique pour l'avenir du Mouvement olympique. La représentativité féminine marocaine aux Jeux olympiques de Rio dans presque 12 sports sur les 28 au programme olympique augure d’un avenir – que j’espère meilleur – pour la place de la femme dans le sport.

Vous êtes présidente de la commission de coordination pour les Jeux olympiques de Rio 2016. Avez-vous la certitude que les Jeux vont bien se dérouler, surtout après les problèmes politiques et la crise économique qui frappe le Brésil ?

J'ai pu constater lors de ma dernière visite à Rio que le comité d'organisation était prêt à accueillir le monde. Les Olympiens de 2016 peuvent déjà se réjouir à l'idée de séjourner dans un magnifique village olympique et de concourir sur des sites à couper le souffle. Des vues depuis le Corcovado et le Mont du Pain de Sucre aux installations ultramodernes à Barra ou Deodoro, sans oublier le stade emblématique de Maracanã et la plage de Copacabana, je ne peux imaginer de toile de fond plus spectaculaire pour que les meilleurs sportifs et sportives de la planète montrent l'étendue de leurs talents au reste du monde. Je suis persuadée que Rio livrera une édition des Jeux olympiques exceptionnelle. Sur le plan politique, il existe un fort soutien multipartite apporté aux Jeux olympiques au Brésil et nous travaillons avec toutes les parties prenantes – comité d'organisation, gouvernement, partenaires commerciaux – pour offrir des Jeux réussis. Il est vrai que le Brésil traverse une sérieuse crise financière. Le CIO est conscient des problèmes sur place et œuvre en étroite coopération avec le comité d'organisation de Rio 2016 pour optimiser son budget, tout en livrant les meilleures conditions à tous les participants aux Jeux. Nous avons en particulier vérifié de quelle manière la mise en œuvre de l'Agenda olympique 2020 pouvait aider Rio à rendre ces Jeux aussi durables que possible sur le plan économique. À l'issue de ce processus et grâce à la solidarité du Mouvement olympique et des partenaires locaux, Rio 2016 a informé que son budget était équilibré.

Récemment, des policiers brésiliens ont fait grève en brandissant des banderoles véhiculant le message suivant : «Ici vous n’êtes pas en sécurité». Avez-vous des craintes quant au volet sécuritaire avec malheureusement la menace permanente d’attentats un peu partout dans le monde ?

Les autorités brésiliennes font tout ce qui est en leur pouvoir pour veiller à la sécurité avant et après les Jeux. La sécurité olympique a commencé à être déployée dès le 5 juillet avec 85.000 agents pour assurer la sécurité dans les rues de Rio de Janeiro pendant les Jeux. Afin de protéger les visiteurs de toutes les menaces, les services de sécurité ont procédé à une vaste vérification des données de toutes les personnes associées aux Jeux. En tout, le profil de 400.000 personnes a été analysé, y compris celui des volontaires, des journalistes et des officiels. Outre le personnel brésilien, 250 officiers de police de 55 pays viendront appuyer les forces armées et les services de police locaux. Les membres des services de renseignement des États-Unis, de la Belgique, de la France et d'autres pays seront également présents à Rio dans le cadre des efforts antiterroristes menés par le Brésil. Pendant les Jeux, les forces de sécurité feront des patrouilles au village olympique, sur les sites sportifs, dans les zones touristiques ainsi que sur les sites stratégiques tels que les aéroports et les routes principales. Deux centres de commande et de contrôle à Rio et dans la capitale du pays, Brasilia, fonctionneront 24 heures sur 24.

Quelles sont les mesures prises par le CIO contre la menace du virus Zika ?

Le CIO reste en contact étroit avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), laquelle est l'autorité compétente dans ce cas. Le CIO applique et suit ses directives. L'OMS a réaffirmé dans une déclaration qu'il n’y avait aucune restriction générale imposée aux voyages à Rio de Janeiro en raison du virus Zika et a publié des conseils, et notamment un certain nombre de mesures que tous les visiteurs devraient prendre. De plus, il est à noter que les Jeux olympiques de Rio 2016 se tiendront pendant le mois d'août, soit en hiver, où les conditions climatiques plus sèches et plus fraîches réduisent la présence de moustiques et donc le risque d'infection. Nous travaillons également de concert avec le Comité d’organisation de Rio 2016 pour traiter les mares d'eau stagnante autour des sites olympiques, où les moustiques se reproduisent, afin de minimiser le risque pour les visiteurs d'entrer en contact avec les moustiques qui propagent le virus.

Le sport mondial a été malheureusement entaché par plusieurs scandales de dopage. Quelles sont les garanties que le CIO a apportées pour assurer des Jeux propres ?

Tous les acteurs du Mouvement olympique (Fédérations internationales et nationales, Comités nationaux olympiques et agences nationales antidopage) intensifient leurs efforts de contrôle dans la période qui précède les Jeux afin de veiller à ce que seuls les athlètes intègres puissent concourir à la manifestation. Le programme de contrôles préalables s'est avéré efficace avant les précédentes éditions des Jeux. Il est en effet prévu de prélever près de 4.500 échantillons d'urine et 1.000 échantillons sanguins pour Rio 2016. Outre les cinq premiers athlètes d'une épreuve systématiquement testés, des contrôles ciblés et des contrôles hors compétition seront effectués sur d'autres athlètes, sur la base des renseignements collectés et avec une répartition des échantillons dans tous les sports et disciplines. Plus récemment, une déclaration du Sommet olympique a été publiée, qui contient les dernières initiatives en date lancées par le Mouvement olympique pour protéger les athlètes intègres et assurer la participation des athlètes dans des conditions équitables aux Jeux olympiques de Rio 2016. Toutes les composantes présentes au Sommet olympique ont apporté un soutien inconditionnel aux mesures d'ores et déjà prises par le CIO, parmi lesquelles la réanalyse des échantillons stockés des Jeux olympiques de Beijing 2008 et Londres 2012, le doublement du budget consacré au programme de contrôles préalables pour Rio 2016 et la création d'un fonds de 10 millions de dollars supplémentaires pour financer des projets de recherche antidopage et protéger les athlètes. Parmi les autres initiatives, je citerais la décision prise par le CIO de rendre les sanctions aux Jeux olympiques indépendantes du CIO (le Tribunal arbitral du sport,TAS, traitera tous les cas à compter de l'édition des Jeux de Rio 2016) et un appel a été lancé par le Mouvement olympique à l'Agence mondiale antidopage pour proposer une solution afin de rendre tous les contrôles antidopage indépendants des organisations sportives et ainsi éviter tout conflit d'intérêts. Afin de renforcer ces mesures, les participants au Sommet olympique sont convenus à l'unanimité des actions suivantes : respecter pleinement la décision du conseil de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) concernant la situation de l'athlétisme en Russie telle que présentée dans le rapport et les recommandations du groupe de travail de l'IAAF. Les Fédérations internationales (FI) et les comités nationaux olympiques (CNO) redoubleront d'efforts pour empêcher les athlètes dopés de participer aux Jeux olympiques de Rio 2016. Les FI prendront notamment des mesures rapides pour suspendre, à la suite du programme de réanalyse des échantillons prélevés lors des Jeux olympiques de Beijing 2008 et de Londres 2012, les athlètes qui ont enfreint les règles antidopage. Tous les CNO et les FI devraient sanctionner non seulement les athlètes dopés, mais aussi leurs entraîneurs, officiels, médecins ou toute autre personne impliquée. Étant donné la déclaration par l'Agence mondiale antidopage de la non-conformité des Organisations nationales antidopages du Kenya et de la Russie ainsi que les allégations graves y afférentes, les participants au Sommet olympique estiment que la «présomption d'innocence» des athlètes de ces pays est sérieusement remise en question. Par conséquent, toutes les FI devraient prendre une décision quant à l'admissibilité de ces athlètes au cas par cas afin d'assurer des conditions équitables dans leurs sports respectifs. Réviser complètement le système antidopage en demandant à l'Agence mondiale antidopage de convoquer une Conférence mondiale extraordinaire sur le dopage en 2017. 

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