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Trechos da entrevista do ministro Ernesto Araújo à AFP, em 08/05/2019, por ocasião de sua visita a Roma

Le chef de la diplomatie brésilienne, en tournée européenne, se veut rassurant

Rome (Italie);08 mai 2019 20:27;*

AFP – Olivier BAUBE

Le ministre Brésilien des Affaires étrangères, Ernesto Araujo, s'est voulu rassurant mercredi à Rome, au début d'une tournée européenne, face aux inquiétudes qui entourent la nouvelle diplomatie et les choix environnementaux de son pays.

Le monde a parfois une "vision très superficielle" de notre président (Jair Bolsonaro), pourtant soutenu par la majorité des Brésiliens, a déclaré en français M. Araujo, dans un entretien exclusif avec l'AFP.

Il en veut pour preuve l'augmentation de la violence prédite par certains après l'arrivée au pouvoir de M. Bolsonaro. Or, a-t-il assuré, c'est le contraire qui s'est produit: le taux d'homicides a baissé de 25% depuis le début de l'année, selon le ministre. C'est en quelque sorte le résultat de l'effet Bolsonaro, "le reflet de la psychologie collective de gens qui se sentent bien avec un gouvernement qui les représente mieux", a-t-il expliqué, depuis l'un des somptueux salons de l'ambassade du Brésil à Rome, qui surplombe la célèbrissime place Navone.

Et tant pis si la côte de popularité du président Bolsonaro a depuis lourdement chuté, avec seulement un peu plus de la moitié des Brésiliens approuvant son action.

Tout sourire, soucieux de convaincre, il s'est également efforcé de présenter le Brésil comme un pays responsable face au changement climatique, luttant "contre la déforestation" et où l'agriculture, a-t-il assuré, est "respectueuse de l'environnement".

L'agriculture brésilienne est "une agriculture moderne, qui n'occupe pas les zones des forêts tropicales", a-t-il ainsi affirmé, dénonçant des idées reçues à l'étranger dans ce domaine.

"Il y a des études là-dessus qui montrent très clairement, contre une opinion parfois diffusée, que l'occupation du territoire par l'agriculture est très respectueuse de l'environnement", a-t-il assuré.

Pourtant, la déforestation, qui avait baissé de manière spectaculaire en Amazonie de 2004 à 2012, est repartie de plus belle en janvier, date de l'arrivée au pouvoir du président Bolsonaro, avec une hausse de 54% par rapport à janvier 2018, d'après l'ONG Imazon. Et même si elle a baissé en février et mars, 268 km2 de forêt ont disparu au premier trimestre.

Il n'est également pas question pour le Brésil de sortir de l'accord de Paris sur le climat, même si Brasilia juge qu'il contient des mesures protectionnistes à l'encontre de son agriculture, sous couvert de lutte contre le réchauffement climatique.

- 'Ne pas diaboliser' -
Les climato-sceptiques doivent pouvoir "donner de la voix", il ne faut "pas les diaboliser", juge pourtant le chef de la diplomatie d'un pays ayant à sa tête un président souvent accusé de nier le réchauffement climatique.

Le Brésil juge également très important de maintenir de bonnes relations avec le reste du monde, à commencer par l'Union européenne.

Il a pourtant choisi, pour sa première tournée européenne, de limiter son déplacement à l'Italie, où il a rencontré Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur et patron de la Ligue (extrême droite), puis la Pologne et la Hongrie, deux autres pays idéologiquement proches du nouveau Brésil.

M. Araujo n'en compte pas moins sur le soutien de la France, a-t-il expliqué, pour obtenir une conclusion rapide conclure des néogociations commerciales en cours entre l'UE et le Mercosur, le marché commun sud-américain. "Nous sommes à la dernière phase des négociations", et il ne manque plus qu'une "offre raisonnable de la part de l'Union européenne par rapport à l'accès au marché agricole, pour que l'accord puisse être approuvé au Congrès brésilien", a-t-il assuré.

Vis-à-vis de la Chine - régime maoïste contre lequel il faut lutter, avait-il écrit sur son blog - le ministre s'est montré conciliant.

"Nous voulons être une voix en faveur de la démocratie dans le monde, mais je ne crois pas que ce soit un problème avec la Chine qui est très pragmatique". De même, "nous sommes beaucoup plus proches d'Israël, mais les relations avec les pays arabes ne vont pas souffrir, au contraire !", a-t-il assuré.

Enfin, concernant le Venezuela, qui a une frontière commune avec le Brésil, M. Araujo s'est dit confiant sur les chances d'aboutir à un changement de régime grace au dialogue, écartant toute option militaire. Admirateur de l'opposant vénézuélien Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, le chef de la diplomatie brésilienne espère que les tentatives de rapprochement entre ce dernier et une partie de l'armée vénézuélienne porteront leurs fruits.

"Il y a un mouvement, il y a une dynamique, c'est plus long qu'on aimerait peut-être, mais c'est solide", a-t-il ajouté.

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