Ir direto para menu de acessibilidade.
Portal do Governo Brasileiro
Início do conteúdo da página

Le ministre brésilien des relations extérieures se prononce pour un élargissement des institutions internationales aux pays en développement.

Ministre brésilien des relations extérieures, Celso Amorim est l"un des hommes clés des négociations au sein de l"Organisation mondiale du commerce, sur une nouvelle phase de libéralisation des échanges (le cycle de Doha). Il s"y fait le porte-parole des pays en développement partisans de la réduction des obstacles au commerce international et de la fin des subventions agricoles.

LM - Le G20 rassemblera les vingt principales économies dont le Brésil, à Londres, le 2 avril, en pleine crise mondiale. Qu"attendez-vous de ce sommet?

ME - Nous souhaitons une surveillance accrue des banques privées, du système financier et des hedgefunds (« fonds spéculatifs ») par les institutions internationales, afin d"éviter la répétition de la crise actuelle. Le mécanisme de Bâle [qui régit les normes de solvabilité des banques] a besoin d"être révisé. Il faudrait aussi examiner les plans de sauvetage mis en oeuvre, pour s"assurer qu"ils ne débouchent pas sur une forme déguisée de protectionnisme. Il faut revoir l"architecture financière internationale, afin qu"elle reflète la montée en puissance des pays émergents. Lorsqu"on regarde les chiffres, on s"aperçoit que ce sont les économies émergentes qui soutiennent encore la croissance.

LM - Pouvez-vous préciser?

ME - Le Fonds monétaire international (FMI) doit se montrer capable de surveiller la bonne marche des économies des pays riches, et pas seulement celles des pays pauvres. La composition du capital du FMI et les droits de vote qui en découlent doivent évoluer pour tenir compte du poids croissant des économies émergentes. Le Brésil est prêt à augmenter son quota. La Banque mondiale et les banques régionales de développement ont besoin d"accroître leurs ressources. Après tout, on trouve bien le moyen de renflouer des banques privées en difficulté. Il faut donner un peu d"espoir aux petits pays dont le développement dépend de l"exploitation d"une seule matière première et qui ont besoin d"argent.
Il est important d"augmenter les crédits destinés au commerce Sud-Sud. Les pays pauvres souffrent d"une diminution de la demande, mais surtout de difficultés d"accès au crédit. Nous discutions avec un pays africain d"un projet de barrage hydroélectrique, mais les garanties demandées par les banquiers sollicités pour financer ce chantier ne sont plus suffisantes, car elles sont basées sur les prix des matières premières qui se sont effondrés. Si la Banque mondiale disposait d"un fonds de garantie aux pays en développement, cela pourrait être un moteur pour le commerce et pour la relance.

LM - Premier ministre latino-américain reçu par la secrétaire d"Etat Hillary Clinton, comment jugez-vous les dispositions de Washington ?

ME - La déclaration du président Barack Obama laissant espérer une baisse des subventions aux agriculteurs américains est une excellente preuve de son indépendance à l"égard des grands lobbies. Une chose est de se faire élire sur des idées de changement, etune autre d"affronter les puissances économiques. Cette bonne disposition de la nouvelle administration américaine peut nous aider à débloquer les négociations commerciales du cycle de Doha. Nous avons été très près d"aboutir en juillet 2008. Reprendre Doha n"est pas la panacée, mais c"est sans doute le meilleur antidote contre un sursaut protectionniste. Les négociations devraient être conclues de manière simple et rapide. Si certains y introduisaient des complexités, d"autres ne manqueraient pas d"emboîter le pas et on risquerait de perdre encore quatre ou cinq ans.

LM - L"appel de M. Obama à "acheter américain" vous inquiète-t-il?

ME - L"Homme est instinctivement protectionniste et seule la raison le pousse au libre-échange. Mais le protectionnisme suscite davantage de problèmes qu"il n"apporte de solutions. Lorsqu"on prétend défendre l"emploi au détriment des emplois d"autrui, il faut s"attendre à un retour de bâton sous la forme d"une baisse de la consommation. Au bout du compte, en protégeant ses emplois, on risque d"en perdre plus qu"on en aura gagné!
En outre, des pays à la démocratie fragile pourraient être tentés par un nationalisme à outrance, comme dans les années 1930, avec de fâcheuses conséquences. Or nous vivons un de ces moments de l"histoire où des changements décisifs sont possibles. La Société des nations est née de la première guerre mondiale. Les Nations unies et les institutions de Bretton Woods ont été créées à la fin de la seconde. Comme à Versailles, en 1919, comme à San Francisco en 1945, il faut concevoir une nouvelle gouvernance mondiale.
Car il n"est pas possible de changer les institutions financières, sans modifier en même temps les règles régissant la sécurité internationale, le climat ou l"environnement. Jusqu"à présent, ces sujets étaient traités dans des instances différentes, alors qu"ils sont liés.
L"efficacité et le respect des résolutions du Conseil de sécurité de l"ONU passent par l"élargissement de cette instance. La France et le Brésil, deux grandes démocraties, partagent cette vision qui accorde la plus haute importance au multilatéralisme et à l"émergence d"un monde multipolaire. Sans faire table rase, il faut réformer en profondeur et à tous les niveaux.

Fim do conteúdo da página