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D’après René Descartes, « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », à quoi il ajoute : « Cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. »
Suivons la leçon cartésienne et appliquons-la aux discussions autour des incendies en Amazonie.
Il faut tout d’abord garder son calme. Le président Bolsonaro, dans son allocution à la télévision le 23 août, a raisonné en toute sérénité pour éclaircir la situation et présenter les faits tels qu’ils sont.
Il est curieux, soit dit en passant, que notre ère, en dépit d’une incroyable abondance d’information, soit si encline aux distorsions médiatiques, donnant lieu à des emportements passionnés à partir de données complètement fausses.
Les incendies en Amazonie brésilienne sont un phénomène en partie naturel et en partie d’origine humaine, qui a lieu tous les ans surtout pendant la saison sèche, entre juin et octobre. Le nombre de ce type d’incendies en 2019 (entre le 1er janvier et le 23 août) est supérieur de 84 % à celui de 2018, mais inférieur de 47 % à leur nombre (sur la même période de l’année) en 2005 par exemple, et très proche - en fait légèrement inférieur - de la moyenne des vingt-deux dernières années. En Bolivie, le nombre de ces incendies en 2019 est de 115 % supérieur à celui de 2018, et au Pérou, supérieur de 105 %.
La Guyane française, pour sa part, a connu un accroissement de 120 % du nombre d’incendies détectés en 2019, par rapport à la même période en 2018.
De même, en termes d’étendue soumise au feu, les chiffres de 2019 au Brésil sont plus élevés que ceux de 2018 mais inférieurs à la moyenne historique. Tous ces chiffres sont disponibles sur le site de l’Institut national de recherche spatiale du Brésil (Instituto nacional de pesquisas espacias, Programa Queimadas).
La situation nous préoccupe, bien sûr, et le gouvernement brésilien actuel ne s’en accommode pas. Contrairement aux gouvernements de la période 2003-2016, qui ont assisté à des incendies beaucoup plus importants sans presque rien faire, nous mettons en place une énorme opération, qui mobilise les forces armées et d’autres agents des forces de l’ordre et qui, au-delà des efforts d’extinction du feu, commence déjà à identifier certains cas d’incendies criminels.
La situation est sérieuse mais reste entièrement sous contrôle. Quelques médias en Europe peignent un tableau de cauchemar environnemental qui ne correspond pas aux faits et qui se dissipe aussitôt qu’on regarde la réalité en face. Ils utilisent pour argument des photographies, prises parfois il y a plusieurs années, tandis que, malheureusement, ils ignorent les données scientifiques très précises fournies par des satellites de dernière génération. En plein XXIe siècle, on revient à une sorte de « pensée sauvage », qui réagit seulement aux données immédiates des sens, sans réfléchir, au lieu de les soumettre à l’analyse froide de la raison. En fait, la pensée des groupes humains jadis considérés comme « sauvages » est à maints égards plus sophistiquée que celle de certains écologistes radicaux d’aujourd’hui, qui habitent un monde sombre plein de spectres démoniaques et qui parlent une langue de bois incapable d’appréhender la réalité dans toute sa richesse. Ceux qu’on appelait autrefois des « sauvages » savent bien, eux, que les sensations immédiates n’épuisent pas la réalité ; les écologistes, pas nécessairement.
Curieusement, les pratiquants modernes de la « pensée sauvage » se disent favorables à la science et accusent leurs opposants d’obscurantisme anti-scientifique. Mais ce sont eux qui préfèrent agir à partir d’images aléatoires et de quelques stéréotypes primaires plutôt que d’examiner les chiffres et d’étudier la complexité du problème des feux de forêt, avec ses causes multiples. Cette fois, il faut écouter Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »
En plus de présenter la situation sans considérer ses réelles proportions, pour enflammer les esprits, on l’attribue aux actions du gouvernement brésilien, en oubliant que le phénomène est semblable chez les voisins du Brésil où gouvernent d’autres autorités. Est-ce que l’augmentation du nombre de ces incendies en Guyane, par exemple, est due à une négligence du gouvernement français ? Est-ce que la France encourage la déforestation en Guyane ? Certainement pas. Pourquoi, alors, traiter différemment ce qui est semblable ? Il s’agit en somme d’une attitude fort peu cartésienne.
Le gouvernement brésilien reconnaît le problème des incendies. Il est en train de mobiliser toutes ses ressources pour y faire face. Nous sommes aussi déterminés à identifier la partie des incendies qui est due à des actions criminelles de déforestation illégale, et à punir les coupables.
Le président Bolsonaro a d’ailleurs confirmé que sa politique de tolérance zéro envers la criminalité comprend, évidemment, les crimes contre l’environnement. Il faut combattre le feu avec de l’eau, combattre le crime avec l’application de la loi - et non pas avec des paroles agressives envers le Brésil, des slogans périmés ou des photos vieilles de vingt ans.
Pour en revenir à Descartes : « Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. » Le président Bolsonaro et nous qui appartenons à son gouvernement appliquons notre réflexion et nos actions à la protection de l’Amazonie et à l’accomplissement de nos obligations nationales et internationales, avec trois principes : sérénité, respect de la souveraineté nationale et bon sens.

 

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